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"Mon stage chez les vieux" : sortie d'un documentaire évènement pour l'animation sociale !
Credit photo : Black Bear (production du film)

"Mon stage chez les vieux" : sortie d'un documentaire évènement pour l'animation sociale !

publié le : 20 août 2026

Un film sur l'animation sociale en EHPAD et le bac pro AEPA* !

« Mon stage chez vieux » est un documentaire de 47 minutes, disponible le 12 août 2026 en accès gratuit sur la plateforme de France Télévisions (c'est ici que ça se passe !), jusqu'au 11 novembre 2026. Le GAG recommande à toutes et tous, professionnels de l'animation ou non, de découvrir ce film de qualité ! Dès 2021, lors du congrès organisé à Grenoble, nous vous avions annoncé le lancement de ce projet. Vous pouvez d'ailleurs revoir une vidéo (en cliquant sur ce lien) où Bernard Hervy échangeait sur ce sujet avec Delphine Corrard, la réalisatrice. Il était alors question d'une sortie au cinéma, mais l'évolution d'un tel projet implique naturellement des ajustements, liés notamment aux financements et aux accords de distribution. Nous nous réjouissons en tout cas que ce documentaire soit aujourd'hui accessible à tous, et gratuitement de surcroît ! Avec le recul, un nouveau visionnage est très intéressant ;-)

Synopsis

Le temps d’un stage, trois jeunes se retrouvent « enfermés » dans un Ehpad. Eux qui ne veulent pas être là, qui redoutent le contact avec les personnes âgées. Mais L’Orangerie n’est pas un Ehpad comme les autres. Au fil des jours de leur immersion, un lien se tisse entre Naël, Marie et Christivie et les résidents.

Ils ont entre 16 et 18 ans. Les personnes âgées ? Ce n'est pas leur monde. Pourtant, pour obtenir leur baccalauréat professionnel, Naël, Marie et Christivie doivent effectuer quatre semaines de stage dans un Ehpad à Ivry-sur-Seine. Ils arrivent à reculons, persuadés qu'ils vont s'ennuyer, et convaincus que l'animation auprès des personnes âgées n'est pas faite pour eux.

Très vite, ils découvrent que leur mission ne consiste pas à « occuper » les résidents, mais à imaginer des animations qui aient du sens pour eux. Impossible de tricher. Impossible de demander à ChatGPT. Pour construire leurs projets, ils doivent aller à la rencontre des résidents, les écouter, comprendre leurs envies, leurs souvenirs, leurs colères et leurs joies. Sous le regard bienveillant de Pauline, la coordinatrice de l'animation, ces adolescents apprennent que la première compétence d'un animateur est peut-être simplement de savoir créer une relation.

Au fil des animations, les rencontres transforment les regards. Les préjugés tombent. Les personnes âgées se révèlent drôles, libres, parfois insolentes, souvent bouleversantes. Elles deviennent, contre toute attente, une source de réconfort et d'inspiration pour ces jeunes qui s'interrogent sur leur avenir. À travers leurs parcours, le film raconte bien plus qu'un stage. Il saisit la rencontre de deux générations que tout semblait opposer.

La presse en parle, et en bien !

La campagne de promotion du documentaire fonctionne bien : de grands médias nationaux en ont parlé. Télérama a notamment apprécié la qualité du propos et du traitement. Le Monde a publié un article positif (à lire en cliquant sur ce lien), ce dont nous nous réjouissons. Une précision toutefois : l'article présente la découverte du bac pro Animation Enfance et Personnes Âgées par la réalisatrice comme le fruit du hasard, sans mentionner le rôle qu'a joué le GAG dans la genèse du projet. Nous tenions donc à revenir ici sur ce point, car le GAG a joué un rôle dans ce projet et l'histoire est chouette !

La rencontre entre Delphine Corrard et le GAG : une relation solide et humaine.

Delphine Corrard est une réalisatrice talentueuse, qui s'est fait connaître notamment avec le court-métrage Les Jouvencelles (2018). Ce film, récompensé dans plusieurs festivals, mettait déjà en scène une vieille dame en maison de retraite, interprétée par Annie Cordy. Il faisait écho à l'histoire personnelle de la réalisatrice et à sa relation avec sa grand-mère, qui avait fini sa vie en institution. C'est cette expérience qui l'a amenée à s'intéresser aux personnes qui accompagnent les anciens, et plus particulièrement à celles et ceux qui cherchent à faire "briller leurs yeux" comme elle dit.

Elle échange sur ce thème avec une amie, Gabrielle Schaff, elle aussi réalisatrice de documentaires — on lui doit notamment un film qui nous intéresse particulièrement sur l'âge et les relations familiales, « On remuait les lèvres et pourtant on ne disait rien ». Gabrielle n'est autre que la fille de Jean-Luc Schaff, administrateur historique du GAG et co-auteur, avec Bernard Hervy et Richard Vercauteren, du livre sur les projets de vie personnalisés. Voyant l'intérêt de Delphine pour la question de la valorisation de la vie en institution, Gabrielle la met naturellement en relation avec son père, qui fait à son tour le lien avec le GAG et Bernard Hervy. S'ensuivent plusieurs années d'échanges et une relation de confiance qui ne s'est jamais démentie.

Quand le projet de tournage fut confirmé, il a fallu trouver un lieu... Trois options sont alors envisagées, avant que la résidence de l'Orangerie — où travaille Pauline Allain, présidente du GAG — ne soit rapidement retenue. L'histoire se concentrera finalement sur ce seul lieu, qui correspondait parfaitement au message que voulait porter la réalisatrice. Le GAG a aussi assuré le lien avec l'Éducation nationale : en invitant, entre autres, la réalisatrice à une journée nationale de formation des enseignants du bac pro AEPA (alors encore en construction), et en la mettant en relation avec les responsables du déploiement de cette nouvelle filière.

Dire que la substance du documentaire tient au hasard est donc très réducteur. Il s'agit bien, d'un côté, d'une volonté de trouver un angle pertinent pour incarner une vision, et de l'autre, du travail de fond et de l'expertise d'une association professionnelle. Mais ce message n'étant pas assez glamour pour toucher le grand public, nous prenons le temps de le faire ici pour que les professionnels en soient conscients. Cela dit, ajoutons une précision : c'est bien le talent, la détermination et l'œil de Delphine Corrard qui font de ce film une très belle réussite !

Un documentaire sur la découverte des « vieux » par les « jeunes ».

Le GAG a apporté toute son expertise et son soutien au film, dans sa phase de construction comme de production, avec l'implication sans faille de Pauline Allain et de toute l'équipe de l'EHPAD l'Orangerie d'Ivry, dirigé par Virginie Hervé, qui ont su intégrer dans leur fonctionnement les exigences d'un tournage de cette ampleur — ce qui n'est pas rien !

Soulignons une autre force du film : l'authenticité des personnes âgées. Ce sont elles qui ont accepté cette présence loin d'être anodine dans leur quotidien, et elles ont su rester justes et naturelles. Les scènes captées, dans les bons comme dans les mauvais moments, donnent à voir une réalité très difficile à retranscrire habituellement — c'est une des très belles réussites du documentaire.

L'intention de départ était de mettre en avant l'intérêt des compétences et du métier pour apporter une relation sociale de qualité aux personnes les plus fragiles. Mais pour toucher plus facilement le grand public et trouver des financements, le documentaire s'est naturellement orienté vers une histoire avant tout humaine : celle de la découverte des vieux par les jeunes. C'est un axe intéressant, qui véhicule beaucoup d'émotion, et c'est une des grandes forces du film.

Le GAG dispose cependant d'un excellent outil pour mettre en avant cette dimension ; nous travaillons actuellement sur un guide pour accompagner les animateurs qui organiseront des projections publiques, afin de souligner aussi l'importance de la professionnalisation dans l'accompagnement des plus fragiles. Si les qualités humaines sont nécessaires, ce sont les compétences qui font la différence pour aborder les aspects difficiles et complexes des relations avec les personnes les plus fragiles.

Une projection-débat programmée lors du prochain CNAAG**.

La dernière séquence de notre prochain congrès (18 et 19 novembre à Nancy) sera consacrée à une diffusion publique suivie d'un débat. La présence de Delphine Corrard est très attendue, et l'une des élèves pourrait elle aussi participer à cet échange.

Des premiers retours positifs aussi sur les réseaux sociaux

Le documentaire est, de manière générale, très bien accueilli depuis sa sortie, par les professionnels comme par le grand public. Le terme « vieux » suscite des débats sur les réseaux sociaux, mais les échanges permettent de comprendre que la perception de ce mot est justement au cœur du film : une vision péjorative au départ, qui évolue vers son sens le plus noble à mesure que l'histoire avance.

Autre écho notable : sur Instagram, plusieurs commentaires évoquent la dimension multiculturelle du film, en soulignant que la diversité des origines des jeunes lui apporte une richesse supplémentaire.

Si vous souhaitez vous aussi partager votre avis sur le film, n'hésitez pas à nous faire vos retours dans la rubrique commentaires, ou sur nos publications dédiées sur nos pages Facebook et LinkedIn.

Pour rappel : le documentaire est à voir gratuitement, jusqu'au 11 novembre 2026, sur la plateforme de France Télévisions (lien).

  1. *AEPA : Animation Enfance et Personnes Âgées

  2. ** CNAAG : Congrès National de l'Animation et de l'Accompagnement en Gérontologie.

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